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Bulles de Calicéo

Ce week-end, chéri m’a offert une jolie surprise : une après-midi à Calicéo, près de Toulouse. Le complexe de balnéothérapie est juste à côté d’une clinique, ce qui peut être pratique si jamais je trébuche et tombe la tête la première dans un bain à remous.

Nous sommes accueillis un peu sèchement par une caissière mal lunée – bon ok, ce n’est pas Caudalie ici, alors inutile de s’attendre à un service cinq étoiles quand le tarif est vingt fois moins cher ; autant que je me mette en tête tout de suite qu’il n’y aura pas non plus de gel douche ni shampoing offert, pas de porte dorée dans les cabines de vestiaire, pas de tisane à volonté et pas de transat molletonné en cuir. Ces réajustements psychologiques effectués (note à mes lectrices : ne jamais aller chez Caudalie avant d’aller chez Calicéo), j’entre dans une cabine en bois contreplaqué et me change (ce coup-ci, j’ai laissé mon vieux maillot de piscine au placard et j’enfile un bikini de naïade hawaïenne).

Une fois changés, nous passons par le douloureux (car froid) couloir de brumisateurs qui donne accès aux bains. Le hall principal est joli, c’est une pièce conique aux volumes généreux, surmontée d’un dôme en bois qui fait puits de jour. Derrière les verrières et la buée qui les envahit, on aperçoit les deux bassins extérieurs. Une piscine à remous occupe les deux tiers du hall. Nous y entrons pour nous réchauffer, car même dans le hall, la température de l’air est digne d’un mois d’octobre glacial. Nous nous laissons porter par le courant circulaire de la piscine, qui nous entraîne entre les geysers et les cascades. Tout ce bouillonnement fait du bien, mon corps est aussitôt détendu. Ça sent bon, il y a cette légère odeur de chlore plus douce que dans les piscines habituelles.

Nous accédons à un bassin extérieur par un couloir d’eau chaude. Dehors, il fait à peine dix degrés, et même si le soleil réchauffe un peu mes joues, je ne m’aventure pas à sortir de l’eau ne serait-ce que mes épaules. Nous essayons de remonter à contre-courant la rivière rapide ; en vain. De toute façon, je suis là pour me détendre, et une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je refuse tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à du sport. C’est peut-être le froid qui fait ça, mais chéri non plus n’est pas très motivé pour bouger, lui qui d’habitude est un boulimique hyperactif de muscu et de tennis. Nous restons donc délicieusement inactifs dans notre bain à remous, et j’avoue (à mon grand étonnement) que ça fait parfois du bien de ne RIEN faire.

Le bassin d’à côté semble avoir un franc succès. Je me demande pourquoi ; en quoi les bulles là-bas sont-elles plus fabuleuses qu’ici ? Nous décidons d’aller voir. Bon, toutes les places où il y a des bulles sont prises. Nous nous collons à un mur au soleil, et là je découvre le vrai intérêt de ce bassin : les hydrojets. Ça masse délicieusement toute la graisse accumulée hier soir au restaurant ; je veux des jets comme ça dans ma douche !

Chéri a soudain envie de se torturer dans la salle de cardio-training. En temps normal, je l’aurais suivi, mais en cet instant je trouve tout simplement inconcevable de faire attendre une minute de plus le sauna et le hammam qui m’attendent avec impatience depuis déjà deux heures. Nous nous quittons dans le hall central, et je pousse avec délices la porte qui mène aux salles chaudes. Ici, le silence est obligatoire, et tant mieux ; le premier qui parle, je lui fais manger ma serviette. Je suis ici pour me dé-ten-dre.

Je décide d’entrer d’abord dans le sauna, pour me réserver le meilleur en dernier : le hammam. Je suis devant le sauna et cherche un endroit où poser ma serviette, et n’en trouvant pas, je la roule en boule et la dépose par terre. J’entre dans le sauna, une pièce aux murs en rondins de bois, et comprends aussitôt pourquoi rien n’était prévu pour poser les serviettes : sur la porte de verre, je lis à l’envers : "SERVIETTE OBLIGATOIRE". Bon, personne n’a rien vu, ils sont tous allongés sur leurs serviettes et les yeux fermés, alors je vais faire semblant de ne pas avoir lu l’instruction. Mes yeux tombent sur une inscription en dessous de la première, qui précise qu’il est également obligatoire de s’essuyer. Pourquoi est-ce que je ne lis jamais les panneaux ? Je crains un instant que ma peau ne se couvre de pustules pour avoir désobéi à la règle, et puis la chaleur aidant je me détends et oublie tout de ces formalités sanitaires. Où est-ce que je pourrais acheter un appareil pour transformer mon appartement en sauna géant ?

L’appel du hammam se fait de plus en plus pressant, alors je m’extirpe de mon cabanon scandinave pour rejoindre des contrées plus orientales. Ici, le sol et les murs sont décorés de mosaïques. Si le bois a un charme certain, je suis plus sensible aux décors maghrébins. J’entre dans la première salle de hammam, dont la vapeur et la chaleur constituent un sas de transition entre le monde extérieur et la deuxième salle, beaucoup plus chaude, dans laquelle on ne voit rien si ce n’est un panneau "SILENCE". Je laisse la vapeur et l’eucalyptus imprégner un par un les pores de ma peau, et songe avec bonheur qu’ici, il n’y a pas une once de froid. Si seulement je pouvais emporter le hammam avec moi !

Je resterais bien là cinq heures de plus, mais je ressens une gêne au niveau des yeux. Je commence à craindre que mes lentilles siliconées ne supportent pas la chaleur aussi bien que moi, alors avant qu’elles n’explosent (je ne m’y connais pas encore très bien en lentilles), je me résous douloureusement à sortir de ce paradis de vapeur.

Je retrouve chéri dans la piscine centrale, qui est fier d’avoir fait ses vingt minutes de rameur. Pour compenser le manque de sport, je retourne aux hydrojets et finis de réduire ma graisse en bouillie.

Nous sortons de là zénifiés, affamés bien sûr car nous n’avons pas mangé, mais calmes et reposés. Chéri, on peut prendre un abonnement Calicéo ?

 

Pour plus de renseignements : www.caliceo.com

C. T.

Crédits photos : Calicéo

Bulles de Calicéo
Tag(s) : #Reportages

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